Autodiagnostic des risques psychosociaux : la méthode est à vous
Les pages du gouvernement de l'Ontario sur la santé mentale, la violence et le harcèlement au travail ne décrivent aucune évaluation des risques psychosociaux : la méthode est donc à vous. Ce qu'elles disent, et cinq étapes pour le mener.

Un autodiagnostic des risques psychosociaux consiste à examiner, avec des méthodes simples, ce qui dans l'organisation du travail d'une équipe peut nuire à sa santé psychologique, puis à décider quoi changer. En Ontario, la page du gouvernement sur la santé mentale en milieu de travail ne mentionne aucune évaluation des risques psychosociaux, et son guide sur la violence et le harcèlement précise que la Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST) n'exige pas d'évaluer les risques de harcèlement.
Ce texte résume ce que disent ces pages, puis propose cinq étapes pour mener l'exercice vous-même, avec les méthodes que décrit le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST). L'ordre des étapes est celui d'OHA; les méthodes sont celles du CCHST.
Que dit la loi ontarienne au sujet des risques psychosociaux?
Les deux pages du gouvernement de l'Ontario citées ici décrivent des obligations en matière de violence et de harcèlement au travail, et une seule évaluation de risques, celle de la violence. Elles ne décrivent aucune évaluation des risques psychosociaux.
Selon le gouvernement de l'Ontario, la LSST oblige l'employeur à avoir en place des politiques et des programmes concernant la violence et le harcèlement au travail, et à veiller à ce que les travailleurs reçoivent les renseignements appropriés à leur sujet. La même page distingue trois domaines de loi pour les lésions psychologiques : l'égalité des droits et l'obligation de proposer des adaptations, la sécurité professionnelle et l'assurance contre les accidents du travail, et la santé et la sécurité au travail.
L'évaluation de risques que le guide ontarien décrit en détail vise la violence au travail. En vertu des articles 32.0.2 et 32.0.3, l'employeur évalue les risques qui peuvent découler de la nature du lieu de travail, du genre de travail et des conditions dans lesquelles il s'accomplit, la refait aussi souvent que nécessaire et prévoit des mesures pour contrôler les risques susceptibles d'exposer un travailleur à un préjudice corporel. Pour le harcèlement, le guide demande si l'employeur est tenu d'évaluer ces risques et répond que la Loi ne l'exige pas.
À titre d'information seulement, la situation diffère au Québec. Selon une fiche de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) parue en 2022, la Loi 27 oblige l'employeur à identifier et à analyser les risques psychosociaux du travail dans son programme de prévention.
En quoi consiste un autodiagnostic des risques psychosociaux?
C'est un examen, répété à intervalles réguliers, des facteurs du milieu de travail qui peuvent influer sur la santé psychologique, mené avec plus d'une méthode. Le CCHST, qui s'appuie sur la norme CSA Z1003-13 (R2018), précise que l'évaluation peut porter sur l'ensemble des facteurs psychosociaux ou en cibler un ou quelques-uns, pourvu que tous soient évalués régulièrement.
Il ne s'agit pas d'examiner des personnes. Selon le CCHST, il n'incombe pas à l'évaluateur de poser un diagnostic sur l'état de santé mentale d'autrui. Les membres de l'équipe peuvent plutôt relever, par des sondages, de l'observation et des conversations, les sujets de préoccupation qui pourraient nécessiter une évaluation plus approfondie.
Si vous cherchez d'abord où regarder dans la semaine d'une équipe, notre texte sur les risques psychosociaux et la façon de les repérer vous donne des repères. Le bilan ci-dessous prend environ une minute. Il utilise cinq des dix énoncés de l'autoportrait de capacité d'OHA, un par charge, pour que vous voyiez les cinq côte à côte.
Bilan rapide des cinq charges · 1 minute
Trouvez la charge qui consomme la capacité de votre équipe.
Cinq énoncés, environ une minute. Voyez les cinq charges côte à côte. Pensez à l'équipe que vous examinez, ou à votre propre semaine : à quelle fréquence chacun de ces énoncés est-il vrai?
Énoncé 1 de 5
Comment mener l'autodiagnostic en cinq étapes?
Cadrez l'exercice, partez des données que vous avez, passez vos structures en revue, écoutez les gens, puis rendez compte et recommencez.
Étape 1, cadrer. Choisissez l'équipe et les facteurs à examiner. La liste de vérification du CCHST nomme des sujets de préoccupation comme le rythme de travail, la fatigue, les exigences contradictoires, l'horaire de travail, la mauvaise communication et les décisions de gestion jugées injustes, par exemple l'approbation ou non des demandes de congé ou de formation.
Étape 2, les données. Examinez ce que vous avez déjà : rapports de plaintes, taux d'absentéisme et de roulement, taux d'utilisation des ressources.
Étape 3, les structures. Passez en revue les politiques et procédures, les pratiques de gestion, les mesures d'aide, les programmes de formation et les descriptions de travail qui touchent à la santé mentale.
Étape 4, les gens. Recueillez des commentaires par des conversations, de l'observation, des discussions de groupe, des formulaires anonymes et des sondages. Le CCHST s'attend à ce que la plupart des organisations combinent plus d'une méthode : un sondage pour la vue d'ensemble, par exemple, puis des discussions de groupe sur les sujets de préoccupation. Varier les méthodes aide aussi à prévenir la lassitude à l'égard des sondages, et le CCHST conseille de planifier les activités à un rythme que le personnel peut soutenir, afin de maintenir une forte participation.
Étape 5, rendre compte. Communiquez les conclusions générales en protégeant la vie privée des personnes consultées, et soulignez les réussites, qui donnent à chacun un jalon pour relier ses gestes quotidiens à des changements plus larges.
Pourquoi l'autodiagnostic n'est-il que le début?
Parce qu'il indique où regarder, mais pas le poids de chaque sujet ni lequel changer en premier.
Les cinq charges d'OHA rangent ce que vous avez relevé en charges décisionnelle, cognitive, émotionnelle, relationnelle et administrative, cinq types d'exigences qui appellent des remèdes différents. Pour savoir ce que cette lecture ajoute à un sondage d'engagement, voyez ce que mesure vraiment un diagnostic de capacité.
Choisissez une charge et un changement qui modifie le travail plutôt que la personne : retirer une étape d'approbation, écrire qui décide de quoi, protéger deux blocs de temps sans interruption. Fixez ensuite une date, environ 90 jours plus tard, pour refaire la même lecture, soit la durée du Capacity Circle™ d'OHA, afin de comparer des choses comparables. Dites à l'équipe en une phrase ce que vous changez et pourquoi.
Ce que fait OHA
Un autodiagnostic relève des préoccupations; une mesure en donne le poids. Le Diagnostic de capacité d'OHA est conçu pour mesurer les cinq charges à l'échelle de vos équipes, montrer laquelle domine dans chaque fonction et servir de point de départ à un Capacity Circle de 90 jours bâti autour de cette charge, avec la même mesure refaite au jour 90. Le suivi s'organise autour de la charge que la mesure nomme. La page précise ce que couvre le diagnostic et ce que vous recevez à la fin.
Réserver un diagnostic de capacitéSources
- Gouvernement de l'Ontario, La santé mentale en milieu de travail, 17 mars 2025 (dernière mise à jour de la page).
- Gouvernement de l'Ontario, Comprendre la loi traitant de violence et de harcèlement au travail, 24 mars 2025 (dernière mise à jour de la page).
- INSPQ, Risques psychosociaux du travail : des risques à la santé mesurables et…, juillet 2022 (fiche de sensibilisation).
- CCHST, Programme de santé et sécurité psychologiques - Évaluation des risques…, 27 avril 2022 (date de la dernière modification).
